Le bulletin du deuxième trimestre 2026 d’Eurovalys présente une situation contrastée : le taux d’occupation financier atteint 90,92 %, tandis que le nombre de parts en attente de retrait monte à 11 439. La SCPI gérée par Advenis REIM distribue 11,28 euros bruts par part pour le trimestre, soit 11,01 euros après prise en compte de la fiscalité allemande indiquée dans le document.
L’analyse doit donc séparer trois dimensions : l’exploitation des immeubles, la rémunération des associés et la possibilité de sortir du placement. Une amélioration locative ne résout pas mécaniquement les demandes de retrait. Le trimestre prépare également une évolution technique : la division des parts par vingt, annoncée pour le 1er octobre 2026.
Les principaux chiffres du bulletin Eurovalys T2 2026
Le bulletin officiel n°44 d’Eurovalys décrit la période arrêtée au 30 juin 2026. Sa validité du 1er juillet au 30 septembre correspond à sa période d’information, et non à un bilan du troisième trimestre.
| Indicateur | Situation publiée pour le T2 2026 |
|---|---|
| Capitalisation au 30 juin | 950 976 960 € |
| Nombre de parts | 990 601 |
| Nombre d’associés | 16 342 |
| Souscriptions du trimestre | 2 897 parts |
| Retraits exécutés du trimestre | 2 897 parts |
| Parts en attente de retrait | 11 439 |
| Patrimoine | 36 immeubles en Allemagne, 454 450 m² |
| TOF selon la méthodologie ASPIM | 90,92 % |
| Loyers encaissés, HT hors charges | 15 003 452 € |
| Distribution brute par part | 11,28 € |
| Prix de souscription au 30 juin | 960 € |
Ces données mesurent des objets différents. La capitalisation est calculée à partir du nombre de parts et de leur prix de souscription. Elle ne doit pas être confondue avec la valeur vénale des immeubles, indiquée à 1 117 millions d’euros hors droits dans le bulletin.
Une collecte ralentie, entièrement compensée par les retraits exécutés
Les nouvelles souscriptions ne font pas augmenter le nombre total de parts pendant le trimestre : 2 897 parts sont souscrites et autant sont retirées. Le nombre de parts reste ainsi à 990 601, comme au trimestre précédent. La stabilité de la capitalisation ne signifie pas qu’aucun mouvement d’épargne n’a eu lieu.
Quel montant représentent les souscriptions ?
En multipliant les 2 897 parts souscrites par le prix de 960 euros, on obtient 2 781 120 euros de souscriptions brutes, soit environ 2,78 millions d’euros. Il s’agit d’un calcul réalisé à partir du tableau officiel, et non d’une somme présentée comme disponible pour de nouvelles acquisitions.
Au premier trimestre, le tableau mentionne 5 182 souscriptions. À prix identique, leur montant représentait environ 4,97 millions d’euros. Le ralentissement du flux entrant limite la capacité à absorber les demandes de sortie au rythme précédemment observé. Il faut néanmoins éviter d’assimiler chaque euro souscrit à un euro de financement immobilier nouveau : les mécanismes de retrait, les frais et la trésorerie interviennent entre les deux.
Pourquoi le stock de retraits constitue le principal point de vigilance
Le nombre de parts en attente passe de 8 515 à 11 439. L’augmentation est de 2 924 parts sur le trimestre, calculée par différence entre les deux stocks. Les sorties exécutées ne suffisent donc pas à empêcher l’accumulation de demandes.
Ce constat ne permet pas d’annoncer un délai individuel de remboursement. Diviser le stock par un rythme trimestriel supposerait que les souscriptions futures, les nouvelles demandes et les conditions de traitement restent constantes. Aucun de ces paramètres n’est garanti. La distinction entre capital fixe et capital variable est utile pour comprendre les mécanismes, sans transformer un indicateur historique en calendrier certain.
Un TOF de 90,92 % : une amélioration à décomposer
Le taux d’occupation financier augmente par rapport aux 89,32 % du premier trimestre. Mais sa composition montre pourquoi il ne faut pas le lire comme le simple pourcentage de surfaces occupées par des locataires payant un loyer courant.
Le graphique officiel du T2 distingue 88,79 % de locaux occupés, 0,19 % de locaux sous franchise ou mis à disposition d’un futur locataire, et 1,94 % de locaux vacants sous promesse de vente. Ces composantes aboutissent au TOF de 90,92 %. Les locaux vacants en recherche de locataire représentent 9,08 % dans cette présentation financière.
Une promesse de vente ne produit pas un loyer
La méthodologie peut intégrer certaines surfaces non disponibles à la location. Leur présence dans le TOF ne signifie donc pas qu’elles génèrent les mêmes encaissements qu’un bail occupé. Une lecture limitée au taux global ferait disparaître cette distinction essentielle.
Le bulletin du premier trimestre 2026 précise également que la composante occupée intégrait un effet de revenus non récurrents lié à une indemnité de départ anticipé. La comparaison d’un trimestre à l’autre doit donc examiner la nature des éléments retenus, au-delà de la hausse du pourcentage total.
Pourquoi la vacance physique donne un autre éclairage
Le bulletin recense 60 156 m² vacants et un loyer potentiel annuel de 6 499 145 euros. Ce potentiel n’est pas un revenu encaissé : il suppose notamment de retrouver des occupants, de négocier les baux et, selon les immeubles, d’engager des dépenses ou d’accorder des franchises.
La surface vacante et le TOF n’utilisent pas le même dénominateur. Un petit local avec une forte valeur locative peut peser davantage dans un indicateur financier qu’un grand espace à faible loyer. Les deux mesures sont complémentaires pour évaluer le travail de gestion restant.
Relocations et renouvellements : davantage de mètres carrés ne suffit pas
Sept relocations portent sur 4 516 m², pour 621 027 euros de loyer annuel. En face, quatre congés concernent 2 808 m² et 647 007 euros de loyer annuel. Le solde de surfaces est positif de 1 708 m², mais le loyer annualisé des départs dépasse celui des relocations de 25 980 euros.
Ces différences sont calculées à partir des données officielles. Elles ne constituent pas une prévision du résultat annuel : les dates d’effet, les franchises, les charges et les autres mouvements locatifs comptent aussi. Elles montrent en revanche pourquoi on ne peut pas conclure à une hausse de revenus à partir des seuls mètres carrés reloués.
Les renégociations et renouvellements couvrent 5 651 m². Le loyer annuel passe de 954 688 à 949 527 euros sur ce périmètre, soit un recul calculé de 5 161 euros. Un renouvellement peut améliorer la visibilité d’occupation tout en s’accompagnant d’un ajustement du loyer. La durée conservée, le coût d’une éventuelle vacance et les dépenses évitées doivent alors être examinés ensemble.
Les loyers encaissés et les travaux du trimestre
Les encaissements locatifs atteignent environ 15 millions d’euros, contre 14,94 millions au premier trimestre. Ce flux ne représente pas directement le bénéfice distribuable : la SCPI doit notamment supporter ses charges, sa gestion et les coûts de financement.
Advenis mentionne 2 043 845 euros de travaux réalisés au cours du trimestre. Ces dépenses peuvent contribuer à maintenir l’attractivité ou à adapter les actifs, mais leur efficacité s’apprécie dans le temps : occupation retrouvée, fidélisation des locataires, maîtrise des consommations et évolution des valorisations.
Les informations environnementales du bulletin décrivent notamment le déploiement de compteurs et des contrôles de qualité de l’air et de l’eau. Elles renseignent sur des actions de gestion. Elles ne suffisent pas, à elles seules, à calculer une économie future de charges ou à garantir une hausse de valeur.
Distribution : distinguer le brut, le net indiqué et l’objectif annuel
L’acompte du T2 est de 11,28 euros bruts par part en pleine jouissance, avec un versement daté du 4 août 2026. Le bulletin distingue 11,01 euros après fiscalité allemande et 0,27 euro d’impôt étranger supporté par la SCPI.
Le terme « net » s’entend ici dans le périmètre du document. Il ne signifie pas que l’ensemble des conséquences fiscales personnelles de l’associé est déjà réglé. Le traitement final dépend notamment de sa situation et des règles applicables aux différentes catégories de revenus.
La distribution brute était de 11,30 euros au T1. L’écart trimestriel est donc limité à deux centimes, mais cela ne garantit pas une stabilité future. Advenis maintient dans son éditorial une anticipation de distribution nette annuelle autour de 45 euros par part, présentée comme non garantie et exprimée avant la division des parts annoncée pour octobre.
Une multiplication mécanique de l’acompte par quatre ne remplace pas une prévision argumentée. La distribution peut inclure des éléments non récurrents et dépend de la situation de la SCPI sur l’ensemble de l’exercice.
Patrimoine, endettement et arbitrages : les limites du bilan au 30 juin
Le patrimoine reste composé de 36 immeubles en Allemagne. Les bureaux représentent 80,98 % de la valeur vénale dans la répartition sectorielle. Le fonds demeure donc fortement exposé à ce segment, même si les autres usages contribuent à diversifier son activité.
Le ratio de dettes et autres engagements selon la méthode ASPIM ressort à 35,81 %. Un financement bancaire peut soutenir une stratégie patrimoniale, mais ajoute des intérêts, des échéances et un risque de refinancement. Le bulletin ne permet pas de déduire de ce seul ratio le coût futur de la dette.
Advenis signale deux promesses de vente et annonce des précisions dans le bulletin suivant. Le document ne décrit pas de nouvelle acquisition finalisée pendant le trimestre. Il convient de distinguer les opérations préparées des transactions réalisées, sans attribuer à une promesse une recette de cession déjà encaissée.
L’annonce de septembre relative à Brême est postérieure à cette photographie trimestrielle. Notre article consacré à la cession de l’immeuble de Brême développe son prix, sa transformation et la plus-value annoncée ; ces détails ne doivent pas être intégrés rétroactivement aux flux du T2.
Division des parts au 1er octobre : une nouvelle unité, sans enrichissement mécanique
Le bulletin annonce qu’une part au prix de souscription de 960 euros sera remplacée par vingt parts de 48 euros. La valeur nominale est divisée dans la même proportion. Le prix de retrait annoncé après ajustement est de 42,53 euros.
Cette opération augmente le nombre de parts détenues, sans modifier à elle seule la valeur globale correspondante. Les montants unitaires devront être comparés avec la même unité avant et après la division. Un dividende plus faible par nouvelle part ne signifierait donc pas nécessairement une baisse du revenu total de l’associé.
La société de gestion souhaite faciliter une épargne plus progressive et certains usages comme les versements programmés. Cela ne garantit ni une collecte supplémentaire ni la résorption des demandes de retrait. Au 8 septembre 2026, la date d’effet annoncée reste future.
Questions fréquentes sur Eurovalys au T2 2026
La capitalisation augmente-t-elle au deuxième trimestre ?
Non, elle reste à environ 950,98 millions d’euros. Le nombre de parts et le prix de souscription sont inchangés, tandis que les souscriptions compensent les retraits exécutés.
Le TOF de 90,92 % correspond-il uniquement à des loyers courants ?
Non. La présentation officielle comprend aussi des locaux sous franchise et des locaux vacants sous promesse de vente. Il faut lire ces composantes avec les encaissements et la vacance physique.
Quel dividende a été décidé pour le trimestre ?
Le bulletin mentionne 11,28 euros bruts, dont 11,01 euros après la fiscalité allemande indiquée, par part en pleine jouissance. Le traitement fiscal personnel peut varier.
La division des parts améliore-t-elle automatiquement la liquidité ?
Non. Elle réduit l’unité de souscription, mais une sortie dépend toujours de ses conditions d’exécution. Les 11 439 parts en attente au 30 juin rappellent la nécessité de considérer la liquidité limitée.
Quels indicateurs surveiller dans le prochain bulletin ?
L’évolution des retraits en attente, la composition du TOF, les loyers après mouvements locatifs, les cessions effectivement réalisées et l’utilisation de leurs produits seront déterminantes. Les risques propres aux SCPI restent présents : perte en capital, revenus variables, risques locatifs et évolution du marché immobilier. Cette analyse ne constitue pas un conseil personnalisé.
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